Entreprise SIEBA : "Il y a un système permanent de remontée des risques"

Équipe dirigeante de l'entreprise SIEBA

Une PME familiale

Fondée en 1968, l’entreprise SIEBA est une PME familiale transmise de génération en génération. Aujourd’hui portée par la troisième génération (les deux enfants et la mère qui part à la retraite dans deux ans).
« L’entreprise est familiale depuis 1968, transmise aux enfants. Aujourd’hui, c’est la troisième génération. »

Son cœur de métier est la fabrication de poteaux électriques en béton pour les lignes électriques aériennes à cela s’ajoute la fabrication de massifs en béton destinés à la fixation des réverbères (activité annexe).
« Le poteau électrique pour les lignes aériennes, c’est notre cœur de métier. »

Au fil des années, le secteur a profondément évolué. Là où l’on comptait près d’une centaine d’entreprises, il n’en reste aujourd’hui plus que cinq. Le développement des lignes électriques enfouies a réduit le marché, sans le faire disparaître. La consommation nationale est stable, et le parc existant est vieillissant.
« Tout ne peut pas être mis en souterrain, notamment pour les habitations isolées. »
Elle n’a pas vocation à se développer fortement sur ce marché spécifique et oriente sa réflexion vers des développements externes, par rachat ou création d’autres activités.

Une structure à taille humaine et des parcours durables

L’entreprise compte 30 salariés, dont 24 en production et 6 au sein des fonctions administratives. L’intérim est utilisé uniquement pour le remplacement des absents et l’accroissement temporaire d’activité (plus rare).

Les équipes regroupent des agents de préfabrication, des chefs d’équipe, des techniciens et responsables de maintenance, ainsi que des fonctions de coordination technique et de production. L’âge moyen est d’environ 40 ans, avec un bon taux de fidélité.
« Les carrières sont longues. »

L’entreprise a eu à accueillir des apprentis, principalement sur des postes administratifs. Une apprentie a d’ailleurs été recrutée en CDI en octobre 2025 après son alternance. En production, l’apprentissage reste plus complexe en raison des contraintes de sécurité.
Il n’y a pas de femmes en production (faute de candidature), uniquement dans les fonctions administratives. Un référent harcèlement sexuel est désigné et une référente harcèlement sexuelle a également été formée pour permettre de mieux recueillir la parole des salariées féminines

Organisation du travail

En production, la première équipe débute à 5 heures, la seconde à 9h. Le travail est organisé sur quatre jours, avec des journées de 8h45.

Dialogue social et prévention au quotidien

Un CSE est en place, composé de deux titulaires et d’un suppléant. Les réunions se tiennent mensuellement, avec des temps d’échange supplémentaires si nécessaire. Le dialogue social est nourri, notamment sur les sujets de santé et sécurité au travail.
« Le CSE fait remonter en continu les sujets sécurité, les points de vigilance. »

La prévention repose sur une organisation structurée, pilotée par une responsable QSE, assistée d’une animatrice, avec une présence quotidienne du service QSE dans l’usine. Les principaux risques identifiés sont les TMS liés à la manutention, la circulation et la coactivité, la silice cristalline, les chutes de plain pied et le bruit.
« La silice cristalline est notre sujet prioritaire, on le prend très au sérieux. »

Des investissements ont été réalisés permettant de réduire considérablement le bruit ambiant.
Les actions sont menées par priorité, en fonction de la gravité et de l’importance des risques. Dès qu’un danger est identifié, une réflexion collective est engagée pour supprimer le risque ou le limiter, en privilégiant toujours les protections collectives.
« Il y a un système permanent de remontée des risques, avec l’encadrement de niveau 1 et 2 et les membres du CSE, et tout est traité à la source. »

Des investissements concrets et visibles

La démarche de prévention s’appuie sur des investissements ciblés :

  • un pont roulant supplémentaire pour réduire la manutention de charges lourdes,
  • la rénovation de la partie centrale de l’usine avec du matériel plus récent,
  • des changements de process et de matériel pour éliminer les vibrations,
  • un banc de coupe pour prévenir les TMS,
  • une aspiration des poussières installée au-dessus de la centrale.

La circulation interne est encadrée : voies matérialisées au sol (pas de séparation de flux), priorités définies, forte sensibilisation du collectif de travail (une journée est prévue bientôt). Certains engins sont équipés de détecteurs avec coupe‑circuit (Les moyens de transport du béton et les bennes de coulage), et la propreté des espaces de travail fait l’objet d’une vigilance constante.

« Sans la CARSAT, on aurait mis beaucoup plus de temps à faire ces investissements. »

Ces évolutions sont visibles sur le site et ont des effets mesurables. Le nombre d’accidents du travail est passé de 4 à 5 par an à 3 l’an dernier, avec une baisse continue du taux de fréquence.
Les accidents rencontrés concernent principalement des lombalgies, chocs, contusions ou coupures, liés à la nature de l’activité.

Usure professionnelle et maintien dans l'emploi

L’entreprise est particulièrement vigilante sur la question de l’usure professionnelle. L’objectif reste clair : garder les salariés dans l’entreprise. C’est dans cet esprit que certains matériels ont été modifiés afin de supprimer les risques et réduire les charges.

La seule situation d’inaptitude rencontrée est liée à un problème spécifique : allergie au ciment, ayant conduit à une déclaration de maladie professionnelle. Un changement de poste a été proposé dans un premier temps mais le salarié n’a pas pu resté au sein de l’entreprise.

Un message de prévention

Au‑delà de son activité industrielle, l’entreprise SIEBA. souhaite faire passer un message clair : « Tout est possible, quelle que soit la taille de l’entreprise. »

De nombreuses actions de prévention peuvent être mises en œuvre sans coût important. Les bénéfices sont concrets : moins d’accidents, moins de risques et surtout un meilleur bien‑être des salariés. « Les salariés savent qu’on ne les laissera pas travailler en cas de risque. »

 


 

À l'occasion de la Journée mondiale de la santé et de la sécurité au travail, le 28 avril 2026, l'entreprise SIEBA a accueilli une visite de son site de production, basé à Merville (Haute-Garonne) organisée par la Dreets Occitanie et la Carsat Midi-Pyrénées.

Cette initiative illustre l'engagement des pouvoirs publics et de leurs partenaires pour renforcer la culture de prévention dans les entreprises et lutter contre les accidents du travail et les maladies professionnelles.

Voir le communiqué et le dossier de presse sur le site web de la DREETS Occitanie

Entreprise SIEBA